Yao-Ching TSENG

Né en 1989 à Kaohsiung, il est diplômé du département des beaux-arts de l’Université Nationale Normale de Taiwan. C’est à travers le dessin et la peinture qu’il satisfait son désir profond d’illustrer et de raconter des histoires. Il voit en cet acte une raison supplémentaire au bien-fondé de sa propre existence. La plupart de ses créations sont le fruit de ses rêves, ou plus exactement du souvenir qu’il garde de ceux-ci. Il s’en sert comme d’un noyau qu’il étoffe, couche après couche, pour obtenir par effet de gonflement un espace scénique, qu’il appelle « strate du vivant », reflet de la réalité. Cette dimension miroir lui permet d’explorer toutes les méthodes susceptibles d’adoucir les peines inhérentes à l’existence. 

     Ces dernières années, ces travaux portaient principalement sur trois thèmes : le rêve, le théâtre et les mondes miroirs, autour desquels il a développé un genre narratif correspondant à ces univers. Il tente, sous différents angles, de déconstruire par l’analyse et la critique, et d’interroger sur la conscience individuelle et autonome de l’existence et sur ses limites. La plupart du temps, ses œuvres n’ont pas la prétention de livrer un récit complet ; elles se contentent de soumettre au lecteur les possibilités multiples d’achever lui-même le récit. Les contours de l’histoire et de ses personnages restent délibérément flous. Les liens entre les différents éléments ne sont que suggérés, laissant à l’observateur, désorienté par la confusion des informations à traiter, le choix d’un angle de lecture, parmi toutes les interprétations possibles. Le lecteur continue d’avancer, jusqu’à ce qu’il puisse concevoir un fil conducteur qu’il pense maîtriser.

     En 2012, TSENG Yao-Ching embrasse une carrière de bédéiste. Il tente d’émanciper la forme de sa fonction primaire de support pour l’intégrer au contenu du récit. Résultat de cette expérimentation, La fille de la BD, qui traite de la manière dont on construit une bande dessinée, a été sélectionnée au Golden Comic Awards 2013 (Taiwan), dans la catégorie révélation. Depuis, TSENG Yao-Ching a successivement adopté différentes techniques d’expression basées sur l’interaction de l’encre, du fusain, de la peinture acrylique, de la peinture à l’huile et de l’aquarelle avec divers supports papier, notamment le papier coton. Le large panel résultant de cette combinaison matériau-support offre une liberté de créativité encore plus grande et ouvre de nouvelles perspectives au 9ème art. En 2017, il publie dans la revue de cercle CCC (Taiwan Creative Comic Collection) une version en couleurs de « Herbes au ven »t, réalisée au moyen d’épaisses couches de peinture acrylique. En 2018, à l’occasion du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, il présente au grand public sa BD « Le Parc », exécutée à l’aide d’un pinceau à long poils de chèvre, provoquant des lignes accidentées, incontrôlées. En juin 2018, il a été invité par To Dear Alternative Art Gallery à Taipei, Taiwan pour présenter sa première exposition personnelle de peinture à l’huile intitulée « Théâtre en suspension : la strate du vivant + - 3cm ». Les planches originales issues de ses deux derniers BD mentionnées plus haut ont été exposées à la librairie d’art taiwanaise Misty Book Store en août 2018. Il est actuellement en séjour artistique à Paris pour son nouveau projet de BD « Le Tunnel ». 

 

     Comparée à la bande dessinée, la peinture à l’huile l’emporte dans des sensations plus primitives, impliquant l’instinct, en lien beaucoup plus étroit avec le corps. Le volume qu’elle occupe permet de capturer avec une grande fidélité les émotions et les postures de l’instant et même la trajectoire mobile de la pensée. Les explications nécessaires à l’appréhension de l’œuvre sont ainsi réduites. Cette particularité permet aux détails de l’histoire d’être floutés, déformés, voire même remplacés par des fragments similaires. Tout cela concourt à donner au récit un nouveau visage, en dépouillant le modèle de son poids, de sa chaleur, de son odeur, comme dans un scénario dans lequel les souvenirs d’un rêve rompent avec le réel. L’objet représenté apparait alors comme une image miroir de la réalité, plus léger et facile à observer. Par conséquent, lorsque l’histoire que l’on souhaite capturer parait trop grande ou trop petite, trop lointaine ou trop proche, la peinture à l’huile devient alors un média plutôt approprié, car elle permet de donner forme facilement à des histoires que l’on a du mal à saisir sur l’instant. On peut alors se passer de descriptions inutiles et condenser l’histoire en une forme s’approchant de la poésie.

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